Vices cachés

Vice caché ou défaut apparent : où passe la frontière ?

Vices cachés

Vice caché ou défaut apparent : où passe la frontière ?

Après l’achat, un défaut se révèle. Le vendeur répond que vous auriez dû le voir lors des visites. Qui a raison ? La distinction entre vice caché et défaut apparent conditionne tout recours. Elle dépend de ce qu’un acquéreur attentif pouvait constater, et de ce qu’on lui a dit. Voici les critères et des exemples concrets.

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L’essentiel

Un défaut est apparent lorsqu’un acquéreur normalement attentif, non professionnel, pouvait le constater et en mesurer la portée lors des visites, ou lorsqu’il en a été informé. Il est caché lorsqu’il était dissimulé, inaccessible, ou visible seulement par un indice dont un profane ne pouvait déduire l’ampleur. La frontière s’apprécie au cas par cas, et l’expertise aide à la situer.

Vices cachés : phase 1, recherche du vice, 990 € TTC ; phase 2, expertise amiable, 990 € TTC. Déplacement 60 € et gestion 50 € en sus.

Le texte

Ce que prévoit le Code civil

L’article 1642 du Code civil dispose que le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui même. La garantie des vices cachés ne joue donc que pour les défauts que l’acquéreur ne pouvait pas déceler.

Le critère n’est pas ce que l’acquéreur a effectivement vu, mais ce qu’il pouvait voir et comprendre en examinant normalement le bien. Un acquéreur qui n’a pas visité les combles alors qu’ils étaient accessibles ne pourra pas facilement soutenir qu’un défaut visible depuis les combles était caché.

À l’inverse, l’acquéreur n’est pas tenu de se comporter en expert : on n’attend pas de lui qu’il démonte un doublage ou sonde une charpente.

L’acquéreur

Un profane normalement attentif

Les juges apprécient le caractère apparent du point de vue d’un acquéreur moyen, non professionnel du bâtiment, qui visite le bien avec une attention normale. Ses compétences personnelles peuvent être prises en compte : un acquéreur lui même professionnel du bâtiment sera jugé plus sévèrement.

Le nombre et la durée des visites, l’accès effectif à toutes les parties du bien, la présence de meubles ou d’encombrants, les conditions d’éclairage, sont des éléments d’appréciation.

L’acquéreur qui s’est fait accompagner d’un expert lors d’une visite avant achat est réputé connaître les défauts que celui ci a relevés ou aurait dû relever.

Visible mais pas compris

L’ampleur du défaut

Un défaut peut être visible sans que sa gravité soit perceptible. Une petite tache au plafond peut révéler une infiltration structurelle de la toiture ; une fine fissure, un mouvement des fondations ; quelques trous dans une poutre, une attaque d’insectes étendue à toute la charpente.

La jurisprudence admet que le vice est caché lorsque l’acquéreur ne pouvait, au moment de la vente, en mesurer l’ampleur et les conséquences. Le signe était visible, mais le vice, dans sa réalité, ne l’était pas.

C’est une question de fait, qui se prouve par l’expertise : l’expert explique ce qu’un profane pouvait voir et ce que seule une investigation technique permettait de comprendre.

Expert examinant un mur derriere un meuble deplace

Un défaut peut être visible sans que son ampleur soit perceptible pour un acquéreur non professionnel.

Dissimulation

Un défaut masqué

Un défaut masqué par des travaux est caché, quelle que soit sa visibilité antérieure. Enduit frais sur des fissures, doublage posé contre un mur humide, faux plafond sous une poutre dégradée, revêtement de sol neuf sur un plancher affaissé : ces interventions empêchent l’acquéreur de constater le défaut.

Lorsque la dissimulation est volontaire, elle révèle aussi la connaissance du vendeur, ce qui écarte la clause d’exclusion de garantie et ouvre droit à des dommages et intérêts, voire à une action pour dol.

Des meubles disposés pour masquer une zone, ou des pièces volontairement encombrées lors des visites, peuvent aussi être pris en compte.

L’information

Ce qui a été dit ou écrit

Un défaut signalé à l’acquéreur avant la vente, oralement, dans l’annonce, dans un diagnostic, dans l’état des risques ou dans un rapport, est réputé connu. Il ne peut plus être invoqué comme vice caché, même s’il n’était pas visible.

D’où l’importance de lire attentivement les documents remis : diagnostics, état des risques, procès verbaux de copropriété, mentions de l’acte. Une mention vague ne vaut pas nécessairement information complète : si l’ampleur réelle du défaut a été minimisée, le débat reste ouvert.

Pour le vendeur, une information écrite et précise est la meilleure protection.

Exemples

Des situations concrètes

Une fissure traversante visible en façade, sur laquelle l’acquéreur a interrogé le vendeur, est en principe un défaut apparent. Une fissure masquée par un enduit refait juste avant la vente, qui réapparaît après un hiver, peut être un vice caché.

Une tache d’humidité visible au plafond d’une chambre est apparente ; une charpente pourrie dans des combles inaccessibles, révélée par cette tache seulement après investigation, peut constituer un vice caché dans son ampleur.

Un assainissement non conforme signalé par le diagnostic remis à l’acquéreur n’est pas caché ; un réseau effondré sous le jardin, sans signe en surface, peut l’être. Chaque cas dépend de ses circonstances.

Fissure masquee par une peinture fraiche

L’accès aux différentes parties du bien lors des visites pèse dans l’appréciation du caractère caché.

La visite

Ce que l’acquéreur doit faire

Pour se protéger, l’acquéreur doit visiter toutes les parties accessibles : combles, sous sol, garage, annexes, extérieurs. Il doit poser des questions précises sur les défauts visibles et noter les réponses. Il doit lire les diagnostics et documents remis.

Faire réaliser une expertise avant achat est la meilleure façon de connaître les défauts avant de s’engager : on les intègre dans le prix plutôt que de devoir les contester ensuite.

Photographier le bien lors des visites constitue aussi une preuve utile de son état apparent au moment de la vente.

L’expertise

Situer la frontière

Dans un litige, l’expert examine le défaut et ses manifestations, recherche son ancienneté, et analyse ce qui était visible à la date de la vente : traces anciennes, travaux de dissimulation, accessibilité des parties concernées.

Son rapport explique ce qu’un acquéreur non professionnel pouvait constater, et ce que seule une investigation technique révélait. Il apporte ainsi l’argumentation technique nécessaire à la qualification de vice caché.

Les photos de l’annonce de vente, lorsqu’elles ont été conservées, peuvent aider à reconstituer l’état apparent du bien.

Neuf

Le cas particulier de la VEFA

Pour un logement acheté en VEFA, la logique est différente : le vendeur répond des vices apparents, que l’acquéreur peut dénoncer jusqu’à un mois après la prise de possession. C’est l’inverse de la vente d’un bien existant, où les vices apparents sont exclus de la garantie.

Les défauts cachés d’un logement neuf relèvent ensuite des garanties des constructeurs : parfait achèvement, biennale et décennale.

Cette particularité justifie une visite de livraison minutieuse, idéalement assistée par un expert.

Les preuves

Reconstituer l’état du bien à la vente

Le débat sur le caractère caché se joue sur l’état du bien au jour de la vente, parfois plusieurs années auparavant. Les preuves utiles sont variées : photos prises lors des visites, photos de l’annonce, descriptif de l’agence, diagnostics et leurs annexes, état des risques, échanges écrits avec le vendeur ou l’agent immobilier.

Les témoignages de personnes ayant visité le bien, d’artisans intervenus avant la vente ou de voisins peuvent compléter le dossier. Les factures de travaux du vendeur indiquent quelles interventions ont été réalisées, et quand.

Rassemblez ces éléments dès la découverte du défaut, avant qu’ils ne disparaissent, et transmettez les à l’expert : ils l’aident à établir ce qui était visible et ce qui ne l’était pas.

Notre mission

Qualifier le défaut

En phase 1, à 990 € TTC, nous caractérisons le défaut : nature, gravité, ancienneté, caractère caché ou apparent au regard de l’état du bien lors de la vente. En phase 2, à 990 € TTC, nous convoquons le vendeur à une expertise amiable contradictoire.

Le déplacement, 60 € jusqu’à 100 km, et les frais de gestion, 50 €, s’ajoutent.

Voir notre page vices cachés et notre bilan avant achat pour agir avant de signer.

Pour aller plus loin

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Qu’est ce qu’un défaut apparent ?

Un défaut qu’un acquéreur normalement attentif pouvait constater et comprendre lors des visites, ou dont il a été informé.

Un défaut visible peut il être un vice caché ?

Oui, si son ampleur et ses conséquences ne pouvaient être mesurées par un acquéreur non professionnel.

Un défaut masqué par des travaux est il caché ?

Oui, et une dissimulation volontaire révèle aussi la connaissance du vendeur.

Un défaut mentionné dans un diagnostic est il caché ?

Non, il est réputé connu de l’acquéreur, sauf si son ampleur a été minimisée.

Faut il visiter les combles ?

Oui, si elles sont accessibles : un défaut visible depuis les combles pourrait être jugé apparent.

En VEFA, les vices apparents sont ils couverts ?

Oui, ils peuvent être dénoncés jusqu’à un mois après la prise de possession.

Combien coûte l’expertise ?

990 € TTC par phase, plus 60 € de déplacement et 50 € de gestion.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code civil, articles 1641, 1642, 1642-1 et 1643, legifrance.gouv.fr
  • Service public, vice caché dans un logement acheté, service-public.fr
  • Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr


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