Expertise amiable contradictoire : comment se déroule t elle ?
Un désaccord vous oppose à un vendeur, un constructeur, une entreprise ou un voisin à propos d’un désordre ? Avant d’aller devant le juge, l’expertise amiable contradictoire réunit les parties sur place pour constater les faits ensemble. Voici comment elle se déroule, ce qu’elle permet et quelles sont ses limites.
Vices cachés
L’expertise amiable contradictoire est une réunion d’expertise organisée à l’initiative d’une partie, à laquelle l’autre partie est régulièrement convoquée. Les constats sont faits en présence de tous, chacun peut présenter ses observations, et un procès verbal en rend compte. Elle favorise un accord et constitue un élément de preuve, mais le juge ne peut pas fonder sa décision sur elle seule : elle doit être corroborée par d’autres éléments.
Expertise amiable contradictoire : 990 € TTC dans le cadre d’un dossier vices cachés, sur devis pour les autres litiges. Déplacement 60 € et gestion 50 € en sus.
Constater ensemble
Le mot contradictoire signifie que chaque partie a été mise en mesure de participer : convoquée à temps, informée de l’objet de la réunion, libre de venir accompagnée de son propre expert ou de son avocat, et de présenter ses observations. C’est ce qui distingue l’expertise amiable contradictoire d’un simple rapport établi pour une seule partie.
L’objectif est double : établir les faits de façon partagée, en évitant les contestations ultérieures sur ce qui a été vu, et créer les conditions d’un accord, en mettant les parties face aux mêmes constats.
Elle intervient en principe après un premier rapport, qui a caractérisé le désordre pour le compte de la partie qui l’organise.
Les situations adaptées
L’expertise amiable contradictoire convient à différents litiges du bâtiment : vice caché après un achat, malfaçons après des travaux, désordres sur une maison récente, réserves non levées après une réception, dommages causés par un chantier voisin, désaccord avec un assureur sur l’étendue d’un sinistre.
Elle est particulièrement utile lorsque la partie adverse n’a pas encore pris position, ou lorsque le désaccord porte sur des faits techniques que l’on peut constater ensemble.
Elle est moins adaptée lorsque la partie adverse refuse tout dialogue, lorsque les délais pour agir en justice sont près d’expirer, ou lorsque des investigations lourdes, sondages ou démontages, sont nécessaires sans accord sur leur prise en charge.
Bien convoquer les parties
La convocation est adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, suffisamment à l’avance pour permettre à chacun de s’organiser. Elle précise la date, l’heure et le lieu de la réunion, l’objet de l’expertise, les désordres concernés, et l’identité de l’expert.
Elle invite la partie convoquée à se faire assister de l’expert et du conseil de son choix, et, s’il y a lieu, à prévenir son assureur. Le premier rapport peut être joint, pour que chacun connaisse les constats initiaux.
Une convocation régulière est la condition du caractère contradictoire : si une partie ne vient pas alors qu’elle a été dûment convoquée, la réunion peut se tenir, et le procès verbal mentionne son absence.

La réunion sur place permet à chaque partie de constater les désordres et de présenter ses observations.
Le déroulement sur place
L’expert accueille les participants, rappelle l’objet de la réunion et le déroulement. Les désordres sont examinés ensemble, mesurés et photographiés. Chacun peut montrer ce qu’il estime pertinent, poser des questions et formuler des observations.
Les documents utiles sont présentés : acte de vente, contrat, devis, factures, procès verbal de réception, rapports antérieurs. L’expert note les positions de chaque partie sur les faits, les causes et les responsabilités.
Si les parties s’accordent sur des investigations complémentaires, sondage, ouverture d’un doublage, recherche de fuite, leur réalisation et leur prise en charge sont actées.
Ce que contient le compte rendu
À l’issue de la réunion, l’expert établit un procès verbal ou un rapport contradictoire. Il liste les personnes présentes et absentes, décrit les constats, consigne les observations de chacun et les points d’accord ou de désaccord.
Lorsque les parties parviennent à un accord sur les travaux, leur prise en charge ou une indemnité, cet accord peut être consigné et signé. Il est prudent de le formaliser ensuite dans un protocole transactionnel, rédigé avec l’aide d’un conseil.
Le procès verbal est communiqué à toutes les parties, qui peuvent y répondre par écrit.
Que vaut une expertise amiable en justice ?
Par un arrêt de chambre mixte du 28 septembre 2012, la Cour de cassation a jugé que le juge ne peut se fonder exclusivement sur une expertise non judiciaire réalisée à la demande de l’une des parties, même en présence des parties. Le rapport amiable doit être corroboré par d’autres éléments de preuve.
Le caractère contradictoire renforce néanmoins sa force probante : la partie adverse, qui a pu participer et s’exprimer, aura plus de mal à contester les constats. Le rapport amiable reste aussi un élément décisif pour obtenir une expertise judiciaire, en démontrant l’existence d’un litige sérieux.
Photos, factures, témoignages, procès verbaux de copropriété ou constats de commissaire de justice viennent le compléter.

Le procès verbal consigne les constats, les positions de chacun et les points d’accord.
Attention à la prescription
Une expertise amiable, même contradictoire, n’interrompt pas les délais pour agir en justice. Pendant que les parties discutent, le délai de deux ans des vices cachés, le délai décennal ou le délai de la garantie de parfait achèvement continuent de courir.
Surveillez donc les échéances et, si elles approchent, faites engager une action en justice, par exemple une demande d’expertise judiciaire en référé, qui interrompt le délai. Les discussions amiables peuvent se poursuivre en parallèle.
Votre avocat est le mieux placé pour calculer les délais applicables à votre situation.
Qui paie l’expertise amiable
L’expertise amiable est payée par la partie qui l’organise, chaque partie supportant les honoraires de son propre expert si elle se fait assister. En cas d’accord, les parties peuvent convenir d’une répartition différente, ou intégrer ces frais dans l’indemnité.
Votre contrat d’assurance habitation ou une assurance de protection juridique peut prendre en charge tout ou partie des frais d’expertise dans le cadre d’un litige : vérifiez les garanties souscrites et déclarez le litige avant d’engager les dépenses.
Le coût d’une expertise amiable reste sans commune mesure avec celui d’une procédure judiciaire, ce qui en fait une étape raisonnable avant tout contentieux.
Accord, médiation ou justice
Si un accord est trouvé, il est formalisé et exécuté : travaux de reprise, indemnisation, levée des réserves. Le rapport sert de référence pour vérifier que les travaux correspondent à ce qui a été convenu.
Si le désaccord persiste, une médiation ou une conciliation peut être tentée ; pour certains litiges, une tentative de règlement amiable est d’ailleurs un préalable à la saisine du tribunal. À défaut, l’action en justice, précédée d’une expertise judiciaire, devient nécessaire.
Dans tous les cas, le dossier constitué lors de l’expertise amiable sera réutilisé.
Organiser votre expertise amiable
Nous établissons d’abord le rapport qui caractérise le désordre, puis nous rédigeons et adressons les convocations, conduisons la réunion sur place et établissons le procès verbal. Dans un dossier de vices cachés, chaque phase est facturée 990 € TTC, plus 60 € de déplacement et 50 € de gestion.
Pour les autres litiges, malfaçons, contestation d’un constructeur ou d’un assureur, la mission est établie sur devis, selon la nature du dossier.
Voir notre page vices cachés et nos tarifs.
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Questions fréquentes
Qu’est ce qu’une expertise amiable contradictoire ?
Une réunion d’expertise à laquelle toutes les parties sont convoquées pour constater ensemble les désordres.
La partie adverse est elle obligée de venir ?
Non, mais si elle a été régulièrement convoquée, la réunion peut se tenir et son absence est mentionnée.
Le juge peut il se fonder sur l’expertise amiable ?
Pas exclusivement : elle doit être corroborée par d’autres éléments de preuve.
L’expertise amiable interrompt elle les délais ?
Non, seule une action en justice les interrompt.
Qui paie l’expertise amiable ?
La partie qui l’organise, sauf accord contraire ou prise en charge par une assurance.
Peut on venir avec son avocat ?
Oui, chaque partie peut se faire assister de l’expert et du conseil de son choix.
Combien de temps à l’avance convoquer ?
Suffisamment pour que chacun puisse s’organiser et prévenir son assureur ou son conseil ; une quinzaine de jours est un ordre de grandeur raisonnable.
Combien coûte l’expertise amiable ?
990 € TTC dans un dossier vices cachés, sur devis pour les autres litiges, plus déplacement et gestion.
Besoin d’un avis d’expert ?
Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code de procédure civile, article 16, legifrance.gouv.fr
- Cour de cassation, chambre mixte, 28 septembre 2012, courdecassation.fr
- Code civil, article 2241, legifrance.gouv.fr
- Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr




