Vice caché immobilier : définition et conditions
Quelques mois après l’achat, vous découvrez une charpente attaquée, des fissures masquées par un doublage ou une humidité dissimulée derrière des meubles. S’agit il d’un vice caché ? La réponse dépend de conditions précises fixées par le Code civil. Voici la définition, les conditions et les recours possibles.
Vices cachés
Un vice caché est un défaut grave, antérieur à la vente et non apparent lors de l’achat, qui rend le bien impropre à l’usage auquel on le destine ou diminue tellement cet usage que l’acquéreur ne l’aurait pas acquis, ou en aurait donné un moindre prix. L’acquéreur peut alors demander l’annulation de la vente ou une réduction du prix, et des dommages et intérêts si le vendeur connaissait le vice. L’action doit être engagée dans les deux ans de la découverte.
Vices cachés : phase 1, recherche du vice, 990 € TTC ; phase 2, expertise amiable, 990 € TTC. Déplacement 60 € et gestion 50 € en sus.
Ce que dit le Code civil
L’article 1641 du Code civil dispose que le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l’usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise, ou n’en aurait donné qu’un moindre prix, s’il les avait connus.
Cette garantie s’applique à toutes les ventes, y compris immobilières, et elle est due par le vendeur même s’il ignorait le vice, sauf clause contraire valable. Elle protège l’acquéreur contre une mauvaise surprise sur la qualité réelle du bien.
Elle se distingue d’autres régimes : la non conformité à ce qui était convenu, le dol, qui suppose une manœuvre du vendeur, ou les garanties des constructeurs pour un bien de moins de dix ans.
Un défaut non apparent
Le vice doit être caché : l’article 1642 précise que le vendeur n’est pas tenu des vices apparents dont l’acheteur a pu se convaincre lui même. Un défaut visible lors des visites, comme une fissure en façade ou une tache d’humidité au plafond, n’est en principe pas un vice caché.
Le caractère caché s’apprécie au regard d’un acquéreur normalement attentif, non professionnel. Un défaut masqué par un doublage, une peinture fraîche, un meuble, un faux plafond ou situé dans une partie inaccessible peut être caché. De même, un défaut visible dont l’ampleur ou les conséquences ne pouvaient être appréciées par un profane peut être retenu comme caché.
À l’inverse, l’acquéreur qui a reçu une information claire sur le défaut, par un diagnostic ou un rapport, ne peut plus l’invoquer.
Un défaut existant avant la vente
Le vice doit exister au moment de la vente, au moins en germe. Un désordre apparu après la vente, causé par un événement postérieur, ne relève pas de la garantie du vendeur.
La preuve de l’antériorité est un point central des litiges. Elle repose sur des éléments techniques : ancienneté des dégradations, nature des matériaux et des travaux, traces de réparations anciennes, cohérence avec l’historique du bien. Un bois attaqué depuis des années, un enduit appliqué sur une fissure plus ancienne, une humidité installée de longue date, sont autant d’indices.
C’est l’un des apports essentiels de l’expertise : établir, sur une base technique, que le défaut existait avant la vente.

Un défaut masqué par des travaux récents peut constituer un vice caché s’il était grave et antérieur à la vente.
Un défaut d’une certaine gravité
Le vice doit rendre le bien impropre à son usage ou en diminuer l’usage de façon importante. Un défaut mineur, une imperfection esthétique, un équipement vétuste attendu compte tenu de l’âge du bien, ne suffisent pas.
Constituent par exemple des vices graves une charpente attaquée qui menace la solidité de la toiture, des infiltrations récurrentes rendant une pièce inhabitable, des fissures structurelles liées à un mouvement des fondations, un assainissement hors d’usage, une humidité importante masquée.
La gravité s’apprécie au cas par cas, au regard de l’usage normal du bien et du coût des travaux nécessaires pour y remédier.
Annulation ou réduction du prix
L’article 1644 offre à l’acquéreur un choix : rendre le bien et se faire restituer le prix, c’est l’action rédhibitoire, ou garder le bien et se faire rendre une partie du prix, c’est l’action estimatoire. La réduction est en principe évaluée par expertise, au regard du coût des travaux et de la perte de valeur.
Si le vendeur connaissait le vice, l’article 1645 prévoit qu’il est tenu, en plus de la restitution du prix, de tous les dommages et intérêts envers l’acheteur. S’il l’ignorait, il ne doit que la restitution du prix et les frais occasionnés par la vente.
Le vendeur professionnel est présumé connaître les vices de la chose qu’il vend.
Établir le vice
C’est à l’acquéreur de prouver l’existence du vice, son caractère caché, son antériorité et sa gravité. Cette preuve est essentiellement technique : un simple témoignage ou quelques photos ne suffisent pas.
Le rapport d’un expert en bâtiment décrit le défaut, en recherche la cause, en apprécie l’ancienneté et la gravité, et chiffre les travaux de reprise. Il constitue la première pièce du dossier. Pour être pleinement opposable, l’expertise gagne à être contradictoire, c’est à dire réalisée en présence du vendeur ou après l’avoir convoqué.
En cas de procédure, le juge peut désigner un expert judiciaire ; un rapport amiable préalable reste utile pour orienter ses investigations.

L’expertise établit la nature du vice, son ancienneté et son caractère non apparent.
Agir dans les deux ans
L’article 1648 impose d’agir dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. La découverte s’entend du moment où l’acquéreur a eu connaissance du vice dans son ampleur et ses conséquences, ce qui peut correspondre à la date d’un rapport d’expertise.
La Cour de cassation a précisé que ce délai s’inscrit dans un délai butoir de vingt ans à compter de la vente. Une simple lettre n’interrompt pas le délai de deux ans : seule une action en justice, y compris une demande d’expertise en référé, l’interrompt.
Ne laissez pas le temps passer : dès la découverte, faites constater le défaut et consultez un professionnel.
L’exclusion de garantie
Les actes de vente entre particuliers peuvent contenir une clause excluant la garantie des vices cachés. Elle est valable, mais elle ne protège pas le vendeur qui connaissait le vice et l’a tu : la preuve de sa connaissance permet d’écarter la clause.
Elle ne protège pas non plus le vendeur professionnel, présumé connaître les vices. La jurisprudence assimile parfois au professionnel le vendeur qui a réalisé lui même les travaux à l’origine du vice.
Établir que le vendeur savait peut donc être décisif : travaux de dissimulation, réparations antérieures, déclarations de sinistre, échanges avec des voisins ou des entreprises, sont autant d’indices.
Les étapes d’un recours
Faites constater le défaut par un expert indépendant, qui en établit la nature, l’ancienneté et la gravité. Rassemblez l’acte de vente, les diagnostics, les échanges avec le vendeur et l’agence, les photos de la visite si vous en avez.
Adressez au vendeur une lettre recommandée exposant le vice, accompagnée du rapport, et proposez une expertise amiable contradictoire. Si un accord est trouvé, faites le formaliser par écrit.
À défaut d’accord, consultez un avocat pour engager une action en justice dans le délai, éventuellement précédée d’une demande d’expertise judiciaire en référé.
Une intervention en deux phases
Notre expertise vices cachés se déroule en deux phases. La première, à 990 € TTC, consiste à rechercher et caractériser le vice : examen sur place, analyse de l’ancienneté et de la gravité, rapport écrit. La seconde, également à 990 € TTC, consiste à convoquer le vendeur à une expertise amiable contradictoire et à en établir le procès verbal.
Le déplacement, 60 € jusqu’à 100 km, et les frais de gestion, 50 €, s’ajoutent. L’accompagnement d’une expertise judiciaire aux côtés de votre avocat est proposé sur devis.
Voir notre page vices cachés et nos tarifs.
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Questions fréquentes
Qu’est ce qu’un vice caché immobilier ?
Un défaut grave, antérieur à la vente et non apparent, qui rend le bien impropre à son usage ou en diminue fortement l’usage.
Quel délai pour agir ?
Deux ans à compter de la découverte du vice, dans la limite de vingt ans après la vente.
Que peut obtenir l’acquéreur ?
L’annulation de la vente ou une réduction du prix, et des dommages et intérêts si le vendeur connaissait le vice.
La clause d’exclusion protège t elle toujours le vendeur ?
Non, pas s’il connaissait le vice ou s’il est professionnel.
Qui doit prouver le vice ?
L’acquéreur, en principe par une expertise technique.
Une lettre recommandée interrompt elle le délai ?
Non, seule une action en justice, y compris un référé expertise, l’interrompt.
Combien coûte l’expertise vices cachés ?
990 € TTC par phase, plus 60 € de déplacement et 50 € de gestion.
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Sources
- Code civil, articles 1641 à 1649, legifrance.gouv.fr
- Code civil, articles 1137, 1112-1 et 2232, legifrance.gouv.fr
- Cour de cassation, chambre mixte, 21 juillet 2023, délai butoir de la garantie des vices cachés, courdecassation.fr
- Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr




