Clause d’exclusion de garantie des vices cachés : quelles limites ?
Votre acte de vente précise que l’acquéreur prend le bien dans l’état où il se trouve, sans garantie des vices cachés. Cette clause ferme t elle la porte à tout recours ? Non : sa portée est limitée par la loi et par la jurisprudence. Voici dans quels cas elle s’applique, et dans quels cas elle tombe.
Vices cachés
La clause d’exclusion de la garantie des vices cachés est valable dans une vente entre particuliers, mais elle ne protège que le vendeur de bonne foi. Elle est écartée si l’acquéreur prouve que le vendeur connaissait le vice, et elle est inopposable lorsque le vendeur est un professionnel, présumé connaître les vices. La preuve de la connaissance du vendeur repose sur des éléments techniques et documentaires que l’expertise aide à réunir.
Vices cachés : phase 1, recherche du vice, 990 € TTC ; phase 2, expertise amiable, 990 € TTC. Déplacement 60 € et gestion 50 € en sus.
Une clause autorisée par le Code civil
L’article 1643 du Code civil prévoit que le vendeur est tenu des vices cachés, quand même il ne les aurait pas connus, à moins que, dans ce cas, il n’ait stipulé qu’il ne sera obligé à aucune garantie. La loi autorise donc une clause d’exclusion, mais seulement pour les vices que le vendeur ignorait.
Dans les ventes immobilières entre particuliers, cette clause est d’usage dans les actes notariés. Elle protège le vendeur de bonne foi contre la découverte de défauts dont il n’avait pas connaissance, ce qui est légitime pour un non professionnel qui ne maîtrise pas l’état technique de son bien.
Elle ne joue en revanche aucun rôle lorsque le vendeur savait.
Le vendeur qui savait
Un vendeur qui connaissait le vice et ne l’a pas révélé ne peut pas se prévaloir de la clause : ce serait lui permettre de profiter de sa propre dissimulation. Si l’acquéreur prouve cette connaissance, la clause est écartée et le vendeur doit en outre des dommages et intérêts, conformément à l’article 1645.
La connaissance s’apprécie au moment de la vente. Elle peut résulter de réparations réalisées par le vendeur, de sinistres déclarés, d’échanges avec des entreprises, de procès verbaux d’assemblée générale en copropriété, de témoignages de voisins ou d’anciens locataires.
Elle peut aussi se déduire de travaux de dissimulation : enduit frais sur des fissures anciennes, doublage posé sur un mur humide, faux plafond masquant une infiltration, meubles disposés pour cacher un défaut.
Une clause sans effet
Le vendeur professionnel, marchand de biens, promoteur, agent immobilier vendant pour son compte, est présumé connaître les vices de la chose qu’il vend. Cette présomption est irréfragable : il ne peut pas la renverser. La clause d’exclusion est donc sans effet à son égard.
La jurisprudence a étendu cette solution à certains vendeurs non professionnels de l’immobilier, en particulier celui qui a réalisé lui même les travaux à l’origine du vice : il est assimilé à un professionnel pour les défauts de ces travaux, et ne peut opposer la clause.
Si votre vendeur a rénové le bien lui même, la question mérite d’être examinée avec attention.

La clause d’exclusion figure dans l’acte, mais sa portée dépend de la bonne foi du vendeur.
Démontrer la connaissance du vendeur
La charge de la preuve pèse sur l’acquéreur : c’est à lui de démontrer que le vendeur connaissait le vice. Cette preuve peut être indirecte, faite d’un faisceau d’indices concordants.
Les indices techniques sont essentiels : l’expert peut établir que des fissures ont été rebouchées à une date antérieure à la vente, qu’un doublage a été posé récemment sur un mur dégradé, qu’une charpente a fait l’objet d’un traitement partiel, qu’une fuite a déjà été réparée. Ces constats montrent que le défaut était connu de celui qui a fait réaliser ces interventions.
Les indices documentaires complètent : factures, déclarations de sinistre, échanges avec l’assureur, procès verbaux de copropriété, annonces de vente antérieures.
Au delà du vice caché
Lorsque le vendeur a volontairement dissimulé une information déterminante, le comportement peut aussi constituer un dol, au sens de l’article 1137 du Code civil, ou un manquement à l’obligation précontractuelle d’information de l’article 1112-1. Ces fondements permettent de demander l’annulation de la vente ou des dommages et intérêts, avec des règles de délai différentes.
Le choix du fondement juridique relève de votre avocat, au regard des faits et des délais. L’expertise technique sert quel que soit le fondement retenu.
La clause d’exclusion des vices cachés ne fait pas obstacle à une action fondée sur le dol.
Ce que la clause ne change pas
Les défauts apparents lors de la vente ne sont pas couverts par la garantie des vices cachés, avec ou sans clause. Un défaut visible que l’acquéreur a pu constater, ou qui lui a été signalé par un diagnostic ou un rapport, ne peut pas être invoqué ensuite.
D’où l’importance, pour l’acquéreur, de faire examiner le bien avant de signer : un défaut constaté avant la vente se négocie dans le prix ; après, il est réputé accepté.
Pour le vendeur, la transparence sur les défauts connus est la meilleure protection : un défaut signalé ne peut plus lui être reproché.

Des travaux de dissimulation ou des réparations antérieures peuvent démontrer que le vendeur connaissait le vice.
Les garanties des constructeurs
Pour un bien de moins de dix ans, les garanties des constructeurs s’ajoutent à la garantie des vices cachés. Le vendeur qui a fait construire et revend dans les dix ans est réputé constructeur et répond de la garantie décennale, sans pouvoir l’exclure par une clause.
Les désordres de nature décennale, qui compromettent la solidité ou rendent le bien impropre à sa destination, peuvent ainsi être réclamés au vendeur, aux entreprises et à leurs assureurs, et à l’assureur dommages ouvrage s’il existe.
Vérifiez dans l’acte la date de réception des travaux et les attestations d’assurance annexées.
Que faire face à la clause
Faites d’abord constater le vice par un expert : nature, gravité, ancienneté, et indices d’une connaissance du vendeur. Rassemblez les documents de la vente et tout élément sur l’historique du bien.
Adressez au vendeur une réclamation écrite, rapport à l’appui, et proposez une expertise amiable contradictoire. Le vendeur, confronté à des indices précis, peut préférer un accord à un procès.
À défaut, consultez un avocat sans attendre : l’action doit être engagée dans les deux ans de la découverte du vice.
Se protéger en étant transparent
Si vous vendez, déclarez les défauts que vous connaissez, les sinistres passés et les travaux réalisés, en remettant les factures et rapports. Cette transparence rend la clause d’exclusion pleinement efficace pour ce que vous ignorez, et vous protège contre une action fondée sur le dol.
Une expertise du bâti avant la mise en vente vous permet de connaître l’état de votre bien et de présenter un dossier clair aux acquéreurs.
Évitez les travaux cosmétiques qui masquent un défaut sans le traiter : ils pourraient être interprétés comme une dissimulation.
L’expertise au service de votre recours
En phase 1, à 990 € TTC, nous recherchons et caractérisons le vice : examen, analyse de l’ancienneté, recherche d’indices de travaux antérieurs, rapport écrit. En phase 2, à 990 € TTC, nous convoquons le vendeur à une expertise amiable contradictoire et en établissons le procès verbal.
Le déplacement, 60 € jusqu’à 100 km, et les frais de gestion, 50 €, s’ajoutent. L’accompagnement d’une expertise judiciaire est proposé sur devis.
Voir notre page vices cachés.
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Questions fréquentes
La clause d’exclusion est elle valable ?
Oui entre particuliers, pour les vices que le vendeur ignorait.
Quand la clause est elle écartée ?
Si le vendeur connaissait le vice ou s’il est professionnel.
Comment prouver que le vendeur savait ?
Par un faisceau d’indices : travaux de dissimulation, réparations antérieures, sinistres, documents, témoignages.
Un particulier qui a rénové lui même est il un professionnel ?
La jurisprudence l’assimile parfois à un professionnel pour les défauts de ses propres travaux.
La clause empêche t elle une action pour dol ?
Non, une dissimulation volontaire peut être poursuivie sur ce fondement.
Que faire en premier ?
Faire constater le vice par un expert, puis adresser une réclamation écrite au vendeur.
La clause s’applique t elle aux défauts de la décennale ?
Non, le vendeur qui a fait construire et revend dans les dix ans répond de la garantie décennale, que la clause ne peut pas exclure.
Combien coûte l’expertise ?
990 € TTC par phase, plus 60 € de déplacement et 50 € de gestion.
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Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code civil, articles 1137, 1112-1, 1641 à 1648 et 1792-1, legifrance.gouv.fr
- Service public, vice caché dans un logement acheté, service-public.fr
- Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr




