Pénalités de retard en CCMI : comment les calculer
Le chantier de votre maison prend du retard et la date de livraison prévue au contrat est dépassée. En CCMI, contrairement à d’autres contrats, la loi fixe une pénalité minimale due par le constructeur pour chaque jour de retard. Voici comment elle se calcule, ce qui peut suspendre le délai et comment la réclamer.
Construction CCMI
Le contrat de construction de maison individuelle doit mentionner le délai d’exécution des travaux et les pénalités de retard. La réglementation impose une pénalité minimale d’un trois millième du prix convenu par jour de retard. Elle est due sans avoir à prouver de préjudice, sous réserve des causes de suspension prévues au contrat et justifiées. Au delà de trente jours de retard, le garant de livraison prend en charge ces pénalités si le constructeur ne les paie pas.
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Une pénalité imposée par la loi
L’article L231-2 du Code de la construction et de l’habitation impose au contrat de mentionner la date d’ouverture du chantier, le délai d’exécution des travaux et les pénalités prévues en cas de retard de livraison. L’article R231-14 fixe le montant minimal de ces pénalités : un trois millième du prix convenu par jour de retard.
Ces règles sont d’ordre public : le contrat peut prévoir des pénalités plus élevées, jamais plus faibles. Une clause qui fixerait une pénalité inférieure serait réputée non écrite au profit du minimum légal.
La pénalité a un caractère forfaitaire : elle est due du seul fait du retard, sans que le maître d’ouvrage ait à prouver un préjudice.
Combien représente la pénalité
Le calcul est simple : prix convenu divisé par 3 000, multiplié par le nombre de jours de retard. Pour une maison dont le prix convenu est de 210 000 €, la pénalité minimale est de 70 € par jour, soit 2 100 € pour un mois de retard de trente jours.
Le prix convenu s’entend du prix figurant au contrat, révisé le cas échéant selon les modalités prévues, hors travaux réservés par le maître d’ouvrage.
Si votre contrat prévoit un montant supérieur au minimum, c’est ce montant qui s’applique.
À partir de quand le retard court
Le délai d’exécution court à partir de la date d’ouverture du chantier mentionnée au contrat ou déclarée. La date de livraison contractuelle s’obtient en ajoutant le délai, en mois, à cette date d’ouverture.
Le retard se mesure entre cette date contractuelle et la date de réception effective, ou de livraison si elle est distincte. Conservez la déclaration d’ouverture de chantier et le procès verbal de réception : ce sont les deux bornes du calcul.
Si l’ouverture du chantier a elle même été retardée au delà de ce que prévoit le contrat, la question peut aussi se poser.

Un chantier à l’arrêt repousse la date de livraison et fait courir les pénalités.
Ce qui peut prolonger le délai
Le contrat peut prévoir des causes de suspension ou de prolongation du délai : intempéries au delà d’un certain nombre de jours, cas de force majeure, travaux supplémentaires demandés par le maître d’ouvrage, retard de paiement d’un appel de fonds par le maître d’ouvrage.
Le constructeur qui invoque une cause de suspension doit la justifier : relevés météorologiques pour les intempéries, avenant pour des travaux supplémentaires, preuve du retard de paiement. Les jours de suspension se déduisent du retard.
Demandez par écrit les justificatifs, et contestez les causes non prévues au contrat ou non démontrées.
La garantie de livraison
La garantie de livraison à prix et délais convenus, obligatoire en CCMI, protège le maître d’ouvrage contre la défaillance du constructeur. L’article L231-6 prévoit notamment que le garant prend en charge les pénalités forfaitaires prévues au contrat en cas de retard de livraison excédant trente jours.
Si le constructeur ne paie pas les pénalités, vous pouvez donc vous adresser au garant, dont les coordonnées figurent dans le contrat et l’attestation de garantie. Le garant peut aussi mettre en demeure le constructeur de livrer, et, à défaut, désigner une entreprise pour terminer les travaux.
Informez le garant par écrit dès que le retard devient significatif.
La démarche
Une fois la date contractuelle dépassée, adressez au constructeur une lettre recommandée constatant le retard, rappelant la clause de pénalités et le minimum légal, et réservant vos droits. À la réception, faites mentionner sur le procès verbal la date effective, et chiffrez les pénalités dues.
Les pénalités peuvent être réglées directement par le constructeur, ou imputées sur les sommes restant dues, en particulier le solde, d’un commun accord. Formalisez tout accord par écrit.
En cas de refus, saisissez le garant pour le retard excédant trente jours, et consultez un avocat pour une action en justice si nécessaire.

Le calcul des pénalités se fait jour par jour, sur la base du prix convenu.
Le préjudice supplémentaire
La pénalité forfaitaire indemnise le retard de façon minimale. Si votre préjudice réel est plus important, loyers supplémentaires, frais de garde meubles, intérêts intercalaires, il peut être envisagé de demander une indemnisation complémentaire, selon les stipulations du contrat et l’appréciation du juge.
Conservez les justificatifs de toutes les dépenses liées au retard : bail, quittances, factures, attestations bancaires.
Votre avocat vous indiquera l’articulation entre pénalités forfaitaires et dommages et intérêts complémentaires dans votre situation.
Ne pas relâcher le contrôle
Un chantier en retard peut être accéléré en fin de parcours, avec un risque sur la qualité d’exécution. Maintenez les visites de contrôle aux étapes prévues, en particulier cloisons, chape et pré réception, et vérifiez chaque appel de fonds.
Si le chantier est à l’arrêt, faites constater son état, par un expert ou un commissaire de justice : en cas de défaillance du constructeur, ce constat servira au garant et à l’entreprise qui reprendra les travaux.
Protégez aussi les ouvrages exposés aux intempéries : un chantier abandonné hors d’eau mais pas hors d’air se dégrade.
Ne pas réceptionner à tout prix
Après un retard, la pression pour emménager est forte. Elle ne doit pas conduire à réceptionner une maison inachevée ou à renoncer à des réserves. La réception avec réserves n’empêche pas de réclamer les pénalités de retard.
Faites réaliser une pré réception, réceptionnez avec des réserves précises, puis faites contrôler la maison par un expert le lendemain pour préserver le délai de huit jours.
La date de réception figurant sur le procès verbal arrête le décompte des pénalités : vérifiez qu’elle est exacte.
Un décompte type
Un contrat signé pour un prix convenu de 240 000 € prévoit un délai d’exécution de douze mois à compter de l’ouverture du chantier, déclarée le 1er mars. La livraison contractuelle est donc fixée au 1er mars de l’année suivante. La réception a lieu le 20 mai, soit quatre vingts jours plus tard.
Le constructeur justifie, par des relevés météorologiques, de dix jours d’intempérie dépassant le seuil prévu au contrat. Le retard imputable est donc de soixante dix jours. Au minimum légal de 80 € par jour, soit 240 000 € divisés par 3 000, la pénalité s’élève à 5 600 €.
Cet exemple est illustratif : chaque contrat a ses propres clauses de suspension, qu’il faut lire attentivement.
Face à un retard
Calculez la date contractuelle de livraison dès l’ouverture du chantier. Suivez l’avancement, demandez par écrit les justificatifs de toute suspension, mettez en demeure dès le dépassement, et chiffrez les pénalités à la réception. Saisissez le garant si le constructeur ne paie pas au delà de trente jours.
Maintenez le contrôle de la qualité jusqu’à la réception.
Notre suivi de construction CCMI vous accompagne à chaque étape, y compris lorsque le chantier prend du retard.
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Questions fréquentes
Quelle est la pénalité minimale de retard en CCMI ?
Un trois millième du prix convenu par jour de retard.
Faut il prouver un préjudice ?
Non, la pénalité est forfaitaire et due du seul fait du retard.
Le contrat peut il prévoir moins ?
Non, le minimum légal s’impose ; le contrat peut prévoir davantage.
Les intempéries suspendent elles le délai ?
Si le contrat le prévoit et qu’elles sont justifiées par des relevés.
Que faire si le constructeur ne paie pas ?
Saisir le garant de livraison pour le retard excédant trente jours.
Peut on déduire les pénalités du solde ?
D’un commun accord, oui ; formalisez l’accord par écrit.
Peut on obtenir plus que la pénalité ?
Une indemnisation complémentaire peut être envisagée selon le contrat et le préjudice justifié.
Combien coûte le suivi CCMI ?
Les visites choisies, de 510 € à 720 € TTC, plus 450 € de gestion et 60 € de déplacement.
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Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L231-2, L231-6 et R231-14, legifrance.gouv.fr
- Code civil, articles 1231-1 et 1231-5, legifrance.gouv.fr
- Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr




