Construction CCMI

Garantie de livraison et défaillance du constructeur

Construction CCMI

Garantie de livraison et défaillance du constructeur

Le chantier de votre maison est à l’arrêt, le constructeur ne répond plus ou fait l’objet d’une procédure collective. En CCMI, la loi a prévu ce scénario : la garantie de livraison à prix et délais convenus permet d’achever la maison. Voici ce qu’elle couvre, comment la mettre en œuvre et quelles précautions prendre.

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L’essentiel

La garantie de livraison, obligatoire en CCMI, est délivrée par un établissement de crédit ou une entreprise d’assurance. En cas de défaillance du constructeur, le garant prend en charge le coût des dépassements du prix convenu nécessaires à l’achèvement, avec une éventuelle franchise limitée à 5 %, les conséquences de paiements anticipés et les pénalités de retard au delà de trente jours. Il peut désigner une entreprise pour terminer les travaux. La garantie cesse à la réception et à la levée des réserves.

Constat de l’état d’un chantier interrompu et suivi personnalisé : sur devis. Visites CCMI de 510 € à 720 € TTC jusqu’à 75 m².

Le principe

Une garantie obligatoire

L’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation impose au constructeur de justifier d’une garantie de livraison à prix et délais convenus. Elle est délivrée par un établissement de crédit ou une entreprise d’assurance agréés, et le contrat ne peut recevoir exécution sans elle : son obtention conditionne l’ouverture du chantier.

Elle couvre le maître d’ouvrage contre les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution des travaux prévus au contrat. Son objet est simple : que la maison soit achevée au prix et dans les délais convenus, malgré la défaillance du constructeur.

Vérifiez dès la signature que l’attestation de garantie vous a été remise, avec le nom et les coordonnées du garant.

La couverture

Ce que prend en charge le garant

Le garant prend en charge le coût des dépassements du prix convenu nécessaires à l’achèvement de la construction. Cette garantie peut être assortie d’une franchise, qui ne peut excéder 5 % du prix convenu et reste alors à la charge du maître d’ouvrage.

Il prend aussi en charge les conséquences du fait du constructeur ayant abouti à un paiement anticipé ou à un supplément de prix, par exemple des appels de fonds réclamés avant l’achèvement des étapes. Enfin, il prend en charge les pénalités forfaitaires de retard prévues au contrat pour le retard de livraison excédant trente jours.

Les limites et modalités précises figurent dans l’attestation et les conditions de la garantie.

Les signes

Reconnaître une défaillance

Plusieurs signes doivent alerter : chantier à l’arrêt depuis plusieurs semaines sans explication, entreprises sous traitantes qui se retirent ou vous contactent pour des impayés, constructeur injoignable, appels de fonds anticipés ou insistants, annonce d’une procédure collective.

Ne réglez aucun appel de fonds qui ne correspond pas à une étape achevée, et ne faites aucun paiement direct aux sous traitants sans conseil : vous pourriez payer deux fois.

Renseignez vous sur la situation du constructeur, par exemple auprès du greffe du tribunal de commerce ou dans les annonces légales, et contactez le garant sans attendre.

Contrat et attestation de garantie sur un bureau

Un chantier interrompu se protège et se constate avant toute reprise des travaux.

La mise en œuvre

Saisir le garant

En cas de défaillance, informez le garant par lettre recommandée, en joignant le contrat, l’attestation de garantie, l’état des paiements effectués et un état du chantier. Le garant peut mettre en demeure le constructeur de livrer ou d’exécuter ses obligations.

Si la mise en demeure reste sans effet, ou en cas de procédure collective, le garant désigne, sous sa responsabilité, une personne qui terminera les travaux. Il peut aussi être amené, selon les situations, à financer l’achèvement par une autre voie prévue par les textes.

Restez en contact écrit avec le garant tout au long de la procédure, et conservez toutes les pièces.

Le constat

Figer l’état du chantier

Avant toute reprise des travaux, il est essentiel de constater l’état du chantier : ouvrages réalisés, ouvrages commencés, défauts éventuels, matériaux présents, protection contre les intempéries. Ce constat sert de base au chiffrage de l’achèvement par le garant et la nouvelle entreprise.

Il peut être réalisé par un expert en bâtiment, qui décrit précisément l’avancement et les désordres, et, si nécessaire, par un commissaire de justice. Il permet aussi de distinguer les défauts imputables au constructeur défaillant de ceux qui apparaîtraient ensuite.

Faites aussi protéger les ouvrages exposés : un chantier hors d’eau mais pas hors d’air, ou sans couverture, se dégrade vite.

L’achèvement

Avec une nouvelle entreprise

La reprise par une nouvelle entreprise suppose de reprendre les plans, la notice descriptive et l’état du chantier. Les ouvrages déjà réalisés doivent être vérifiés : la nouvelle entreprise peut émettre des réserves sur ce qu’elle n’a pas exécuté.

Le prix convenu reste votre référence : les dépassements nécessaires à l’achèvement sont à la charge du garant, sous réserve de la franchise éventuelle. Les modifications que vous demanderiez à cette occasion restent en revanche à votre charge.

Maintenez les visites de contrôle aux étapes restantes, comme pour un chantier normal.

Expert faisant le point sur un chantier interrompu

L’attestation de garantie de livraison figure dans le dossier du contrat.

La réception

Fin de la garantie

La garantie de livraison cesse lorsque la réception des travaux a été constatée par écrit et, le cas échéant, à l’expiration du délai de huit jours ouvert au maître d’ouvrage non assisté pour dénoncer les vices apparents, ou, si des réserves ont été formulées, lorsque celles ci ont été levées.

La réception reste donc décisive : réservez précisément les défauts, et suivez leur levée, qui marque la fin de l’intervention du garant.

Après la réception, les garanties de parfait achèvement, biennale et décennale, et l’assurance dommages ouvrage, prennent le relais pour les désordres ultérieurs.

L’assurance

Dommages ouvrage et décennale

L’assurance dommages ouvrage, souscrite par le maître d’ouvrage, couvre après la réception les dommages de nature décennale, et peut aussi intervenir avant la réception lorsque le contrat de louage d’ouvrage est résilié pour inexécution après mise en demeure restée infructueuse.

Les entreprises qui achèvent les travaux doivent être assurées en décennale pour leurs propres ouvrages. Demandez leurs attestations.

La combinaison de ces garanties vise à ce que la maison soit achevée et protégée, malgré la défaillance du constructeur initial.

Prévenir

Choisir et suivre son constructeur

Avant de signer, vérifiez l’ancienneté et la situation du constructeur, ses références, et la réalité de la garantie de livraison. Méfiez vous d’un constructeur qui demande des sommes non prévues par l’échéancier réglementaire ou qui tarde à fournir l’attestation de garantie.

Pendant le chantier, payez strictement à l’avancement, après contrôle de chaque étape, et conservez une trace écrite de tous les échanges.

Un suivi régulier du chantier permet aussi de détecter tôt un ralentissement anormal.

Les paiements

Où en sont vos versements

Pour le garant comme pour vous, l’état précis des paiements est essentiel. Récapitulez toutes les sommes versées, avec leur date et l’étape à laquelle elles correspondent, et comparez les avec l’échéancier réglementaire et l’avancement réel du chantier.

Si vous avez payé plus que l’avancement ne le permettait, ce paiement anticipé entre dans la garantie, mais il faut le démontrer : appels de fonds, attestations d’avancement, relevés bancaires et constat de l’état du chantier sont les pièces utiles.

Informez aussi votre banque de la situation : elle doit suspendre tout déblocage de fonds au profit du constructeur défaillant, et elle sera associée au financement de l’achèvement.

Nos conseils

Si le chantier s’arrête

Contactez le constructeur par écrit, puis le garant si la situation ne s’éclaircit pas. Ne payez rien qui ne corresponde à une étape achevée. Faites constater l’état du chantier et protéger les ouvrages. Faites vous accompagner d’un avocat en cas de procédure collective.

Notre mission de constat d’un chantier interrompu est établie sur devis ; nos visites de suivi CCMI vont de 510 € à 720 € TTC jusqu’à 75 m².

Voir notre suivi de construction CCMI et nos tarifs.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

La garantie de livraison est elle obligatoire en CCMI ?

Oui, le contrat ne peut pas recevoir exécution sans elle.

Que couvre le garant ?

Les dépassements de prix nécessaires à l’achèvement, les paiements anticipés et les pénalités de retard au delà de trente jours.

Y a t il une franchise ?

Le garant peut prévoir une franchise d’au plus 5 % du prix convenu.

Comment saisir le garant ?

Par lettre recommandée, avec le contrat, l’attestation, l’état des paiements et l’état du chantier.

Qui termine les travaux ?

Une personne désignée par le garant, sous sa responsabilité.

Quand la garantie prend elle fin ?

À la réception constatée par écrit, et à la levée des réserves ou à l’expiration du délai de huit jours.

Faut il constater l’état du chantier ?

Oui, avant toute reprise, pour chiffrer l’achèvement et distinguer les responsabilités.

Combien coûte le constat d’un chantier interrompu ?

Il est établi sur devis selon l’état et la taille du chantier.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de la construction et de l’habitation, articles L231-6 et R231-7, legifrance.gouv.fr
  • Code des assurances, article L242-1, legifrance.gouv.fr
  • Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr


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