Fissures et sécheresse : comprendre le retrait gonflement des argiles
Des fissures apparaissent après un été sec, des portes coincent, un angle de la maison semble s’affaisser : le retrait gonflement des argiles peut être en cause. Voici comment le phénomène agit sur une maison, comment vérifier l’exposition de votre terrain et quelles mesures limitent les désordres.
Fissures
Un sol argileux se rétracte quand il s’assèche et gonfle quand il se réhydrate. Ces variations de volume, plus marquées sous les angles et les façades exposées, sollicitent les fondations peu profondes et provoquent des fissures. L’exposition se consulte sur Géorisques ; en zone moyenne ou forte, la loi impose depuis 2020 une étude de sol pour la vente d’un terrain constructible et des dispositions constructives pour les maisons neuves.
Expertise fissures : maison à partir de 720 € TTC, appartement à partir de 590 € TTC, déplacement et gestion compris.
Pourquoi l’argile fait bouger les maisons
Certaines argiles ont la propriété d’absorber l’eau et de la restituer en changeant de volume. Quand le sol se dessèche, en été ou lors d’une sécheresse prolongée, il se rétracte et se tasse ; quand les pluies reviennent, il regonfle. Ce cycle de retrait et de gonflement est appelé retrait gonflement des argiles.
Une maison posée sur ce type de sol ne subit pas ces variations de façon uniforme. Sous le centre de la construction, le sol reste protégé et garde une humidité assez stable. Sous les façades, et plus encore sous les angles exposés au soleil ou proches d’un arbre, il s’assèche davantage. Il en résulte des mouvements différentiels : une partie des fondations descend pendant que l’autre reste en place.
Les maçonneries, rigides, encaissent mal ces déformations et se fissurent.
Reconnaître des désordres liés aux argiles
Les désordres liés au retrait gonflement présentent quelques traits caractéristiques. Les fissures apparaissent ou s’ouvrent en fin d’été et en automne, après une période sèche, et peuvent se refermer partiellement en hiver. Elles se concentrent sur les angles de la maison et autour des ouvertures, avec des tracés obliques ou en escalier dans les joints des maçonneries.
D’autres signes les accompagnent : portes et fenêtres qui frottent ou ne ferment plus, carrelage qui se fend, dallage qui se décolle des murs, décollement entre la maison et une terrasse ou un escalier extérieur, rupture de canalisations enterrées. Une extension ou un garage fondé moins profondément que la maison peut se désolidariser du bâtiment principal.
Aucun de ces signes ne suffit seul à établir la cause : seule une analyse d’ensemble, avec la nature du sol, permet de l’attribuer au phénomène.
Vérifier l’exposition aux argiles
Une cartographie nationale de l’exposition au retrait gonflement des argiles, établie par le BRGM, classe le territoire en zones d’exposition faible, moyenne ou forte. Elle se consulte gratuitement sur Géorisques, à l’adresse de votre bien. Selon le ministère chargé de l’écologie, près de la moitié du territoire métropolitain est classée en exposition moyenne ou forte.
Cette carte donne une indication à l’échelle de la parcelle, mais elle ne remplace pas une étude de sol : la nature des terrains peut varier sur quelques dizaines de mètres. L’état des risques, remis à l’acquéreur ou au locataire, mentionne aussi les arrêtés de catastrophe naturelle et les sinistres indemnisés dont le vendeur a connaissance.
Pour une maison existante, l’historique des arrêtés de catastrophe naturelle au titre de la sécheresse dans la commune est un indicateur complémentaire.

Un sol argileux asséché se rétracte et se fend, ce qui modifie l’appui des fondations.
Ce que la loi impose pour une maison neuve
Depuis le 1er octobre 2020, dans les zones d’exposition moyenne ou forte, le vendeur d’un terrain non bâti constructible doit fournir une étude géotechnique préalable, annexée à la promesse de vente puis à l’acte. Avant de conclure un contrat de construction, le maître d’ouvrage la transmet au constructeur.
Le constructeur doit alors soit suivre les recommandations d’une étude géotechnique de conception adaptée au projet, soit respecter les dispositions constructives fixées par l’arrêté du 22 juillet 2020 : fondations ancrées à au moins 0,80 m de profondeur en zone moyenne et 1,20 m en zone forte, chaînages horizontaux et verticaux, joints de rupture entre bâtiments fondés différemment, gestion des eaux pluviales éloignée des fondations, et éloignement de la végétation.
Ces règles sont issues de la loi Elan et figurent aux articles L132-4 et suivants du Code de la construction et de l’habitation.
Limiter les variations d’humidité autour de la maison
Pour une maison existante, l’objectif est de stabiliser l’humidité du sol sous les fondations. Les eaux de pluie doivent être collectées et évacuées loin des murs : gouttières en bon état, descentes raccordées, pas de rejet au pied des façades. Un trottoir étanche périphérique, d’environ 1,50 m de large, protège le sol de l’évaporation et des infiltrations.
La végétation joue un rôle majeur. Les racines d’un arbre puisent l’eau du sol sur une distance comparable à sa hauteur. Les règles applicables aux constructions neuves recommandent une distance au moins égale à la hauteur de l’arbre à maturité, portée à une fois et demie en cas de rideau d’arbres ou d’arbustes. Pour un arbre existant trop proche, un écran anti racines peut être envisagé, de préférence après avis d’un professionnel, car un abattage brutal peut provoquer un regonflement du sol.
Enfin, une fuite sur une canalisation enterrée détrempe localement le sol : à surveiller après chaque épisode de mouvement.
Réparer une maison fissurée
Réparer les fissures sans traiter la cause expose à les voir réapparaître au prochain été sec. La démarche commence par un diagnostic : relevé des désordres, analyse de leur répartition et de leur évolution, examen de l’environnement de la maison. Si un mouvement des fondations est établi, une étude géotechnique de diagnostic, confiée à un bureau d’études de sol, précise la nature du terrain et la profondeur des fondations.
Les solutions vont de mesures simples sur l’environnement, comme la gestion des eaux pluviales ou de la végétation, jusqu’à la reprise en sous œuvre par micropieux ou par plots, en passant par des techniques d’injection ou de rigidification de la structure par chaînages. Leur choix dépend du diagnostic, de l’ampleur des désordres et du budget.
Les finitions, rebouchage des fissures et ravalement, se réalisent en dernier, une fois le mouvement stabilisé.

La végétation proche et la gestion des eaux pluviales influencent directement l’humidité du sol sous la maison.
Catastrophe naturelle et garantie décennale
Lorsque la sécheresse a été d’une intensité anormale, la commune peut demander la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Si un arrêté interministériel est publié, les assurés disposent de trente jours après sa publication au Journal officiel pour déclarer le sinistre à leur assureur multirisque habitation, qui missionne un expert.
Pour une maison de moins de dix ans depuis sa réception, des fissures liées à une adaptation insuffisante des fondations au sol peuvent relever de la garantie décennale du constructeur, et de l’assurance dommages ouvrage si elle a été souscrite.
Dans les deux cas, un rapport d’expertise indépendant, établi pour votre compte, documente les désordres, leur évolution et leur cause probable : il vous permet de discuter les conclusions de l’expert de l’assureur sur une base technique.
Les bons réflexes face à des fissures après un été sec
Photographiez les fissures avec une règle graduée et datez les photos ; posez si possible une jauge pour suivre leur évolution. Signalez les dommages à votre mairie, qui recense les sinistres pour sa demande de reconnaissance. Vérifiez l’exposition de votre terrain sur Géorisques et l’historique des arrêtés de la commune.
Conservez les documents de la maison : année de construction, plans, étude de sol éventuelle, factures de travaux. Évitez de reboucher les fissures avant qu’elles aient été examinées.
Une expertise fissures établit si le retrait gonflement des argiles est en cause, évalue la gravité des désordres et indique les études et travaux adaptés.
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Questions fréquentes
Comment savoir si mon terrain est argileux ?
La carte d’exposition est consultable sur Géorisques à votre adresse. Seule une étude de sol caractérise précisément le terrain.
Les fissures liées à la sécheresse se referment elles ?
Elles peuvent se refermer partiellement quand le sol se réhydrate, puis se rouvrir l’été suivant. Le suivi sur un cycle de saisons est instructif.
Faut il abattre un arbre proche de la maison ?
Pas sans avis : un abattage peut provoquer un regonflement du sol. Un écran anti racines peut être une alternative.
Une étude de sol est elle obligatoire pour construire ?
En zone d’exposition moyenne ou forte, oui depuis 2020, pour la vente du terrain et pour la conception de la maison.
Quel délai pour déclarer un sinistre sécheresse ?
Trente jours après la publication de l’arrêté de catastrophe naturelle au Journal officiel.
Que coûte une expertise fissures ?
À partir de 720 € TTC pour une maison et 590 € TTC pour un appartement, déplacement et gestion compris.
Besoin d’un avis d’expert ?
Contactez nous pour organiser l’expertise, ou appelez le 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L132-4 à L132-9, legifrance.gouv.fr
- Arrêté du 22 juillet 2020 définissant le contenu des études géotechniques et les techniques particulières de construction, legifrance.gouv.fr
- Géorisques, retrait gonflement des argiles, georisques.gouv.fr
- Code des assurances, article L125-1 et suivants, legifrance.gouv.fr




