Après un dégât des eaux ou une inondation : assécher et contrôler
Une fuite importante, un débordement, une inondation : une fois l’eau évacuée, le plus long commence. Les murs, les sols et les isolants restent gorgés d’eau bien après que les surfaces semblent sèches. Refaire les finitions trop tôt expose à des moisissures et à de nouveaux dégâts. Voici comment assécher, contrôler et préparer la remise en état.
Humidité
Après un dégât des eaux ou une inondation, il faut sécuriser l’installation électrique, évacuer l’eau, retirer les matériaux saturés qui ne sécheront pas, puis assécher par ventilation et déshumidification. Le séchage d’une maçonnerie se compte en semaines ou en mois. Des mesures d’humidité en profondeur indiquent quand les finitions peuvent être refaites. Côté assurance, déclarez le sinistre dans les délais et conservez les preuves.
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Les premières heures
Avant toute intervention, coupez l’électricité des zones touchées, et le gaz si des appareils ont été atteints. Ne remettez pas sous tension un circuit ou un appareil qui a pris l’eau sans l’avis d’un électricien. Après une inondation, vérifiez aussi la stabilité des sols et des cloisons avant d’y circuler.
Évacuez l’eau stagnante, puis les objets et le mobilier mouillés, pour limiter l’humidité ambiante. Photographiez tout avant de jeter : hauteur d’eau sur les murs, matériaux dégradés, objets endommagés. Ces photos sont essentielles pour l’assurance.
Si l’eau provient d’une fuite, faites intervenir un plombier pour la stopper ; si elle provient d’un logement voisin, prévenez immédiatement l’occupant et le syndic.
Prévenir l’assurance dans les délais
Déclarez le sinistre à votre assureur habitation dans le délai prévu par votre contrat pour un dégât des eaux, en décrivant les circonstances, l’origine supposée et les dommages, photos à l’appui. Conservez les factures des biens endommagés si vous les avez.
Pour une inondation liée à un événement naturel, la prise en charge au titre des catastrophes naturelles suppose un arrêté interministériel de reconnaissance ; le délai de déclaration est alors de trente jours après sa publication au Journal officiel.
Dans un immeuble, les dégâts des eaux entre logements sont gérés selon une convention entre assureurs qui désigne l’assureur chargé du dossier. Un constat amiable de dégât des eaux, rempli avec le voisin concerné, facilite la gestion.
Ce qui doit partir, ce qui peut sécher
Tous les matériaux ne réagissent pas de la même façon à l’eau. Les maçonneries de pierre, de brique ou de béton peuvent sécher, lentement. Les plaques de plâtre gorgées d’eau perdent leur résistance et se déforment ; les isolants fibreux s’affaissent et retiennent l’humidité ; les panneaux de particules gonflent irrémédiablement.
Il est donc indispensable de déposer les doublages, les isolants et les plinthes mouillés, au moins sur la hauteur atteinte par l’eau et un peu au delà, pour permettre aux murs de sécher. Les revêtements de sol imperméables posés sur une chape mouillée doivent être retirés pour la même raison.
Garder ces matériaux en place pour limiter les travaux revient à enfermer l’eau dans le mur, avec un risque de moisissures cachées.

La déshumidification accélère le séchage, à condition de déposer d’abord les matériaux qui retiennent l’eau.
Ventiler et déshumidifier
Le séchage repose sur l’évacuation de la vapeur d’eau : aérer largement lorsque l’air extérieur est sec, chauffer modérément pour favoriser l’évaporation, et utiliser des déshumidificateurs, pièces fermées, pour capter l’humidité de l’air. Des entreprises spécialisées mettent en œuvre des matériels d’assèchement adaptés aux gros sinistres.
Un chauffage trop fort et trop rapide peut fissurer les enduits et les chapes ; une ventilation sans chauffage en hiver sèche peu. L’équilibre se règle selon la saison et les matériaux.
La durée dépend de l’épaisseur et de la nature des murs, de la quantité d’eau absorbée et des conditions : quelques semaines pour une cloison, plusieurs mois pour un mur épais en pierre.
Mesurer l’humidité avant les finitions
Une surface sèche au toucher ne signifie pas que le mur est sec en profondeur. Les mesures d’humidité, réalisées à différentes hauteurs et à différentes profondeurs, permettent de suivre le séchage et de décider du moment où les finitions peuvent être refaites.
Pour les chapes et dallages qui recevront un revêtement de sol, les fabricants et les règles de l’art fixent des taux d’humidité maximaux, à vérifier par une méthode adaptée avant la pose. Poser un parquet ou un sol souple sur une chape encore humide expose à des décollements et à des moisissures.
Un rapport de mesures constitue aussi une pièce utile pour l’assureur, qui peut demander la justification de la durée de séchage avant d’indemniser les travaux de remise en état.
Prévenir les développements fongiques
Dans un environnement humide et confiné, les moisissures peuvent se développer en quelques jours sur les plâtres, les papiers peints, les bois et les isolants. Le dépôt rapide des matériaux saturés et une ventilation active limitent ce risque.
Dans les régions concernées, une humidité prolongée dans des bois de structure ou de plancher peut favoriser le développement de champignons lignivores comme la mérule. Des filaments blancs ou grisâtres, une odeur de champignon ou des bois qui se fissurent en cubes justifient un examen sans attendre.
Les surfaces touchées se nettoient avec des produits adaptés, protections individuelles à l’appui ; les matériaux fortement colonisés se remplacent.

Seules des mesures en profondeur indiquent qu’un mur est réellement sec.
Vérifier les dommages cachés
Une inondation peut affecter la structure : affouillement des fondations par l’eau en mouvement, tassement d’un sol détrempé, gonflement de certains sols, corrosion d’armatures ou de pièces métalliques. Des fissures peuvent apparaître dans les semaines qui suivent.
Les planchers en bois ayant baigné dans l’eau doivent être contrôlés, ainsi que les réseaux enterrés, les fosses et les regards. Les installations électriques et de chauffage doivent être vérifiées par des professionnels avant remise en service.
Un examen par un expert en bâtiment, après le retrait de l’eau et avant les travaux, permet de repérer ces dommages et de les intégrer à la déclaration.
Faire valoir l’ensemble des dommages
L’assureur missionne un expert pour constater les dommages et chiffrer l’indemnité. Préparez la visite : photos prises dès le sinistre, liste des biens endommagés, factures, devis, relevés d’humidité. Les dommages cachés, comme l’humidité dans les murs ou les isolants à remplacer, doivent être signalés et justifiés.
Vous pouvez vous faire assister par un expert indépendant, qui documente techniquement l’étendue des dommages, la durée de séchage nécessaire et les travaux de remise en état. Certains contrats prévoient une garantie qui prend en charge les honoraires de l’expert d’assuré, dans une limite fixée : vérifiez les vôtres.
Ne jetez pas les matériaux déposés avant le passage de l’expert de l’assureur, ou photographiez les précisément.
Reconstruire dans le bon ordre
La remise en état suit le séchage : réparation des réseaux, puis isolants et doublages neufs, enduits, revêtements de sol, peintures. Dans les zones exposées aux inondations, des choix de matériaux moins sensibles à l’eau et la surélévation des équipements électriques réduisent la vulnérabilité pour l’avenir.
Les travaux doivent correspondre aux dommages constatés et chiffrés ; conservez les factures, qui peuvent être demandées par l’assureur pour le versement du solde de l’indemnité.
Après les travaux, surveillez l’apparition de taches, d’odeurs ou de fissures pendant plusieurs mois.
Les réflexes après un dégât des eaux
Sécurisez l’électricité, stoppez la fuite, photographiez, déclarez le sinistre. Déposez les matériaux saturés, ventilez et déshumidifiez. Ne refaites pas les finitions sans avoir mesuré l’humidité en profondeur.
Faites vérifier la structure après une inondation importante, et faites vous assister si les dommages sont étendus.
Notre expertise humidité mesure l’état de séchage des murs et des sols, identifie les dommages cachés et documente votre dossier d’assurance.
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Questions fréquentes
Combien de temps faut il pour assécher un mur ?
De quelques semaines pour une cloison à plusieurs mois pour un mur épais, selon les matériaux et les conditions.
Faut il retirer les plaques de plâtre mouillées ?
Oui en cas d’imprégnation importante : elles perdent leur résistance et empêchent le mur de sécher.
Quand peut on refaire les peintures ?
Quand les mesures en profondeur confirment le séchage du support, pas avant.
Quel délai pour déclarer une inondation ?
Celui du contrat pour un dégât des eaux ; trente jours après la publication de l’arrêté en cas de catastrophe naturelle.
Puis je être assisté face à l’expert de l’assureur ?
Oui, par un expert indépendant. Vérifiez si votre contrat prend en charge ses honoraires.
La mérule est elle un risque après un dégât des eaux ?
Dans les régions concernées, une humidité prolongée dans les bois peut la favoriser : surveillez les signes.
Combien coûte une expertise humidité ?
À partir de 590 € TTC pour un appartement et 720 € TTC pour une maison.
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Sources
- Code des assurances, article L125-1 et suivants, legifrance.gouv.fr
- Convention d’indemnisation et de recours des sinistres immeuble entre assureurs, France Assureurs
- Ministère de la transition écologique, réduire la vulnérabilité des logements aux inondations, ecologie.gouv.fr
- Check my House, tarifs des expertises, checkmy-house.fr




